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Vol spatial

3. Vol spatial au départ de la Terre

3.1. Atteindre l'espace

La définition généralement acceptée de la limite entre l'atmosphère terrestre et l'espace est appelée ligne de Kármán, du nom du physicien hongro-américain, Theodore von Kármán, qui calcula l'altitude à partir de laquelle l'atmosphère devient trop ténue pour des applications aéronautiques. Cette ligne se situe à 100 km d'altitude, mais il existe des références états-uniennes fixant la ligne de Kármán à 50 miles d'altitude, soit 80 km, pour des raisons mnémotechniques.

3.1.1. Le vol suborbital

SpaceShipOne en vol.

SpaceShipOne en vol.

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Lors d'un vol spatial suborbital, l'astronef atteint l'espace mais ne se met pas en orbite. De ce fait, sa trajectoire le ramène vers la surface de la Terre. Les vols suborbitaux peuvent durer plusieurs heures, et Pioneer 1, la première sonde envoyée par la NASA dans le but d'atteindre la Lune en est l'exemple. Une avarie partielle fit prendre à la sonde une trajectoire suborbitale d'une altitude de 113 854 km avant de rentrer dans l'atmosphère 43 heures après son lancement.

Le 17 mai 2004, la Civilian Space eXploration Team a lancé la fusée GoFast pour le premier vol amateur spatial suborbital. Le 21 juin 2004, SpaceShipOne fut utilisé pour le premier vol spatial habité à financement privé.

3.1.2. Le vol orbital

Un vol orbital minimal nécessite une vitesse beaucoup plus importante qu'un vol suborbital minimal, et, par conséquent, est technologiquement plus difficile à réaliser. Pour parvenir à un vol orbital, la vitesse tangentielle autour de la Terre est aussi importante que l'altitude atteinte. Dans l'optique de réaliser un vol stable et durable, la vitesse de l'astronef doit rendre possible une orbite fermée.

3.1.3. L'ascension directe

Pour les voyages interplanétaires, il n'est pas absolument nécessaire d'atteindre une orbite fermée à condition que le vaisseau atteigne la vitesse d'échappement. Cette vitesse est de 11 km/s sur Terre. C'est de cette manière que les tous premiers véhicules spatiaux soviétiques ont atteint de très hautes altitudes sans mise sur orbite. La NASA étudia également l'ascension directe au début du programme Apollo, notamment avec la fusée Nova, mais abandonna l'idée suite à des considérations de masse. Plusieurs sondes spatiales inhabitées ont été envoyées en employant l'ascension directe, c'est-à-dire qu'elles n'effectuèrent pas d'orbite autour de la Terre avant de traverser l'espace.

Actuellement, les plans pour les futurs vols spatiaux habités comprennent souvent l'assemblage de l'astronef en orbite autour de la Terre, excluant de fait ce type de lancement.

3.2. Pas de tirs et astroport

Navette Columbia sur son pas de tir, lors de la mission STS-1.

Navette Columbia sur son pas de tir, lors de la mission STS-1.

(Crédit : NASA)

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Un pas de tir est une infrastructure fixe conçue pour permettre le décollage de véhicules aérospatiaux. Cela consiste généralement en une tour de lancement autorisant l'accès aux différents étages du lanceur, ainsi que d'une fosse destinée à accueillir en partie la flamme du blast-off. L'ensemble est entouré d'équipement permettant d'ériger les lanceurs, de les maintenir et d'en faire le plein. Un astroport peut englober plusieurs pas de tirs.

Ces deux types d'infrastructures sont généralement placés à l'écart des habitations, pour des raisons de sécurité et de pollution sonore.

Un lancement ne peut se faire que dans une fenêtre de temps bien précise, définie par la position des corps célestes et de leur orbite relativement au site de lancement. L'influence principale est celle de la Terre elle-même.

3.3. Rentrée dans l'atmosphère et atterrissage/amerrissage

3.3.1. Rentrée atmosphérique

Voir l'article : rentrée atmosphérique.

Les véhicules en orbite possèdent une grande énergie cinétique qu'ils doivent dissiper afin de pouvoir atterrir sans se sublimer dans l'atmosphère. Cette dissipation requiert des méthodes spéciales de protection contre l'échauffement aérodynamique.

La théorie sur laquelle repose l'approche scientifique de la rentrée atmosphérique est due à Harry Julian Allen. Se basant sur cette théorie, les véhicules spatiaux présentent, au moment de leur rentrée dans l'atmosphère, une forme arrondie permettant de faire en sorte que moins de 1 % de l'énergie cinétique convertie en chaleur n'atteigne l'astronef.

3.3.2. Atterrissage et amerrissage

Voir l'article : amerrissage.

Les capsules des projets Mercury, Gemini et Apollo ont toutes amerri. Elles étaient conçues pour atterrir à des vitesses faibles. Les capsules russes Soyouz sont conçues pour atterrir sur la terre ferme et utilisent des rétrofusées pour le freinage.

Les navettes spatiales planent et touchent leur piste d'atterrissage de façon tangentielle et à haute vitesse.

3.3.3. Récupération

Récupération en vol de la capsule Discoverer 14 (satellite KH-1).

Récupération de la capsule de retour discoverer XIV (satellite KH-1) par un avion JC-119G.

(Crédit : US Air Force)

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Après un atterrissage réussi, l'astronef, ses occupants et sa cargaison peuvent être récupérés. Il arrive parfois que cette récupération se fasse en vol, donc avant l'atterrissage, pendant que l'astronef descend en parachute. Un avion spécialement équipé l'attrape alors au vol. Cette méthode est utilisée notamment pour récupérer les films provenant des satellites espions Corona.

3.4. Lanceurs astronautiques à usage unique

Voir l'article : lanceur (astronautique).

Actuellement, tous les astronefs excepté la navette spatiale états-unienne et le Falcon 1 de SpaceX utilisent une fusée multi-étages pour atteindre l'espace.

3.5. Lanceurs astronautiques réutilisable

Lancement de la navette spatiale Columbia le 12 avril 1981.

Premier lancement de la navette spatiale Columbia le 12 avril 1981, pour la mission STS-1.

(Crédit : NASA)

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Le premier astronef réutilisable, le X-15, fut lancé depuis les airs sur une trajectoire suborbitale le 19 juillet 1963. Le premier astronef partiellement réutilisable et susceptible d'être mis en orbite, la navette spatiale, fut lancée par les États-Unis pour le vingtième anniversaire du vol de Youri Gagarine, le 12 avril 1981. Six navettes de ce type furent construites, toutes ayant volé dans l'atmosphère terrestre et cinq d'entre elles ayant volé dans l'espace. La navette prototype, l'Enterprise ne fut utilisée que dans le cadre d'essais de manœuvre d'approche et d'atterrissage, lancée depuis le dos d'un Boeing 747 et atterrissant en planant sur la base aérienne d'Edwards. La première navette à atteindre l'espace fut Columbia, suivie par Challenger, Discovery, Atlantis et Endeavour. Cette dernière fut construite pour remplacer Challenger qui explosa en janvier 1986. Columbia, quant à elle, se désagrégea lors de sa rentrée dans l'atmosphère en février 2003.

Le premier (et jusqu'à présent unique) astronef partiellement réutilisable automatique fut la navette soviétique Bourane, lancé le 15 novembre 1988, et n'ayant réalisé qu'un seul vol. Cet avion spatial avait été conçu pour emmener un équipage humain et ressemblait fortement à son homologue états-unien, bien que la navette soviétique ne dispose pas de propulseur principal propre. Le manque de fonds, aggravé par la dissolution de l'URSS, mis fin prématurément au programme.


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