Le sucre est un produit alimentaire d'origine végétale, composé pour l'essentiel de saccharose et de diverses substances naturelles appartenant à la classe des glucides responsables d'une des quatre saveurs gustatives fondamentales (le sucré).

Cristaux de sucre raffiné.
Le saccharose est présent dans toutes les plantes contenant de la chlorophylle. Les sucres commercialisés sont essentiellement produits industriellement à partir de la canne à sucre et de la betterave sucrière. D'autres sources sont utilisées pour produire le glucose ou le fructose de plus en plus utilisés par l'industrie agroalimentaire et d'autres industries.
D'autres végétaux contiennent une quantité importante de sucre. Ils sont traditionnellement vendus sous forme de sirop :
Les principales formes de sucre sont normalisées au niveau mondial.
Le sucre est extrait de plantes, principalement la canne à sucre et la betterave à sucre.
L'agriculture intensive ne fournit que du saccharose pur : ce type de production élimine en plusieurs étapes tous les autres composants de la plante, y compris les nutriments bénéfiques à notre alimentation.
Voir l'article : canne à sucre.
La canne à sucre contient environ :
Dans le cadre de l'agriculture biologique, les cannes (sans leurs feuilles) sont pressées plusieurs fois pour en extraire le jus (70 à 80 %), le reste (20 à 30 %) est appelé bagasse. À partir de ce jus, on obtient plusieurs types de sucres :
En agriculture intensive, les champs de canne à sucre sont brûlés et les cannes ramassées mécaniquement. Divers procédés physiques et chimiques permettent d'en extraire le saccharose pur : une tonne de canne fournit environ 115 kg de saccharose.
Voir l'article : betterave sucrière.
La betterave sucrière contient environ :
À peine plus de 80 % du saccharose est extrait industriellement de la racine : le reste est dégradé par fermentation entre le moment de l'arrachage de la betterave et l'extraction du sucre. Les usines sucrières sont ainsi toujours à moins de 30 kilomètres des champs. Une autre partie du sucre est aussi perdue dans la mélasse ou reste dans la pulpe.
Le sucre de betterave est toujours consommé blanc, les résidus de la plante ayant mauvais goût. La mélasse issue du raffinage de la betterave est donc utilisée pour la fermentation ou la nourriture du bétail.
Sucre de fabrication artisanale et naturelle produit traditionnellement par les paysans cambodgiens. La sève claire et légèrement sucrée est extraite par des incisions sur la cime du palmier à sucre. Après cuisson et battage, la sève donne un sucre brun naturellement riche en fructose, minéraux et oligo-éléments.
Production de sucre centrifugé, canne et betterave confondues :
| Année | Quantité |
|---|---|
| 1994/1995 | 120,9 |
| 1995/1996 | |
| 1996/1997 | 123,5 |
| 1997/1998 | 126,6 |
| 1998/1999 | 131,1 |
| 1999/2000 | 135,8 |
| 2000/2001 | 130,4 |
| 2001/2002 | 135,6 |
| 2002/2003 | 147,7 |
| 2003/2004 | 141,1 |
| 2004/2005 | 142,5 |
| 2005/2006 | 149,7 |
Sur 111 pays producteurs, 38 cultivent la betterave sucrière et fournissaient environ 40 % de la production en 1998.
Le Brésil est le premier producteur mondial, suivi de l'Union européenne et de l'Inde.
La France, avec un rendement de 14 tonnes de sucre à l'hectare, produit chaque année 4,7 millions de tonnes, dont 2,8 millions partent à l'export.
Les producteurs européens bénéficient d'un prix garanti, trois fois plus élevé que le cours mondial, dans le cadre de la PAC. Ce régime a été remis en cause par l'OMC en avril 2005. Il est envisagé une baisse de 42,6 % en deux ans du prix garanti aux producteurs, ce qui risque de désavantager surtout les pays périphériques de l'Union européenne, dont la productivité est nettement plus faible que celle notamment de la France.
La consommation en France est de 35 kg en moyenne par personne et par an.
La consommation de sucre fournit de l'énergie à court terme, mais il ne peut pas être stocké tel quel dans l'organisme. Une partie du sucre consommé peut être utilisée tout de suite pour fournir de l'énergie si nécessaire (dans les minutes qui suivent), une autre partie sera emmagasinée dans le foie et les muscles (utilisation dans les heures qui suivent), et une autre sera transformée en graisses qui seront stockées dans les couches adipeuses.
Il est conseillé de consommer le sucre de canne complet car il contient tous les nutriments contenus dans la canne à sucre : une fois traité et raffiné il contient 50 à 60 fois moins de sels minéraux et plus aucune vitamine (le rapadura contient des vitamines B1, B2, B5 et E).
| Élément | Sucre blanc | Sucre complet |
|---|---|---|
| Sels minéraux | 30 à 50 | 1 500 à 2 800 |
| potassium (K) | 3 à 5 | 600 à 1 000 |
| magnésium (Mg) | 0 | 60 à 130 |
| calcium (Ca) | 10 à 15 | 40 à 110 |
| phosphore (P) | 0,3 | 14 à 100 |
| fer (Fe) | 0,1 | 4 à 40 |
Manger uniquement du sucre complet à la place du sucre blanc permettrait d'équilibrer notre alimentation en apportant tous les nutriments absents du sucre raffiné et de réduire fortement le nombre de caries dentaires (calcium, potassium et magnésium réduisent l'acidité de la salive favorable aux bactéries).
Dans tous les cas, il est important de réduire la consommation de sucre au minimum : comme pour tous les sucres simples, des vitamines et minéraux sont nécessaires pour métaboliser le saccharose (principalement des vitamines B1 et du magnésium). Manger du sucre raffiné en grandes quantités monopolise ces ressources essentielles et crée des carences.
Un adulte mange en moyenne 100 grammes de saccharose par jour, dont plus de 70 % sous forme ajoutée dans les produits transformés par l'industrie agro-alimentaire. Hors, les apports quotidiens recommandés en glucides sont de 200 à 250 grammes dont moins de 10 % sous forme de glucides simples.
Qu'il soit blanc ou complet, il contient toujours 4 000 kilocalories par kilogramme, soit 17 000 kilojoules. De plus, il crée une dépendance pouvant entraîner hypoglycémie, diabète et obésité. Manger beaucoup d'aliments sucrés n'entraîne pas forcément ces troubles s'ils sont associés à une alimentation équilibrée : un régime alimentaire équilibré ne se base pas sur un rapport sucres simples / sucres complexes, mais sur le calcul des incides glycémiques de tous les aliments ingérés dans la journée.
Les édulcorants permettent de remplacer le sucre par des produits ayant le même pouvoir sucrant mais pas les inconvénients du saccharose. L'aspartame, édulcorant chimique, est aujourd'hui décrié par certains médecins. Une alternative paraît prometteuse : le stévia. Il s'agit d'une plante hypocalorique mais au très fort pouvoir sucrant, qui commence à être cultivée à grande échelle au Brésil pour le compte de sociétés nord-américaines et en Chine qui exporte également vers l'Amérique du Nord. Curieusement, la vente comme édulcorant est interdite en France mais on trouve néanmoins du stévia dans le commerce. Le xylitol, extrait de l'écorce de bouleau, est utilisé aussi comme édulcorant avec de nombreux avantages pour la santé sans les inconvénients des sucres classiques.
La carie est le problème le plus visible du à la consommation de sucre : il favorise la métabolisation d'acides par des bactéries qui détruisent l'email de la dent.
Les malades du diabète ont un organisme qui ne peut pas métaboliser suffisamment d'insuline pour digérer le glucose. Il s'en suit une hyperglycémie : le sucre étant un concentré de glucose, il est alors à éviter.
L'obésité due à un excès de consommation de calories est largement favorisée par la présence de sucres ajoutés aux aliments (sodas, yaourts, biscuits, etc.).
La consommation importante de sucre raffiné, qui ne contient ni vitamines, ni sels minéraux, ni fibres, provoque des carences en diminuant la part des aliments bénéfiques à la santé.
Dans la plupart des cas, le comportement des enfants n'est pas modifié par l'absorption de sucre : il n'y a pas de lien établi entre le sucre et l'hyperactivité. Plusieurs études ont montré que l'hyperactivité observée chez les enfants était due aux colorants.
En biochimie, un sucre est un glucide. On distingue les disaccharides, trisaccharides et les oligosaccharides. Les sucres contiennent des groupements aldéhydes (-CHO) et des groupements cétones (C=O), avec donc une double liaison carbone-oxygène, rendant le sucre réactif. La plupart des sucres sont de la forme (CH2O)n où la valeur de n oscille entre 3, 5 et 6, formant respectivement un triose, un pentose ou un hexose (le glucose est un hexose, par exemple, tandis que le ribose est un pentose (la plupart de ceux-ci sont présents dans les acides aminés)). Une exception notable : le désoxyribose (monomère utilisé dans la structure des doubles-hélices de l'ADN, notamment), qui comme son nom l'indique, a un oxygène manquant. On classe aussi les sucres par le nombre de carbones qu'ils contiennent.
Les (C3H6O3) interviennent dans la glycolyse.
Les hexoses (des sucres à six carbones) dont fait partie le glucose : par photosynthèse, les plantes produisent du glucose qui est converti en d'autres carbohydrates, comme par exemple en saccharose dans les cannes et betteraves.
Beaucoup de pentoses et hexoses peuvent former des structures cycliques. L'aldéhyde ou la cétone n'étant alors pas libre, la plupart des réactions typiques de ces groupements ne peuvent pas avoir lieu.
Le glucose en solution est essentiellement sous cette forme cyclique, avec moins de 0,1 % des molécules sous forme de chaîne ouverte.
Les monosaccharides peuvent former en se groupant (par liaison covalentes glycosidiques) des disaccharides, tel que le saccharose (sucrose), ou des polysaccharides tel que l'amidon. Les liaisons glycosidiques doivent être hydrolysées (c'est-à-dire qu'une molécule d'eau vient « casser » ou rompre le lien) par une enzyme (protéine) pour que les molécules puissent être métabolisées. Après digestion et absorption, les monosaccharides présents dans le sang et les tissus sont le glucose, le fructose, et le galactose.
Le préfixe « glyco- » indique la présence de sucre dans une substance non-glucide : par exemple, une glycoprotéine est une protéine à laquelle un ou plusieurs sucres se sont connectés. De même, un phosphoglycérolipide est un lipide qui lorsqu'en bicouche, est le constituant principal de la membrane plasmique d'une cellule.
Saccharose, fructose, glucose, galactose, maltose, lactose et mannose sont des sucres simples.
Parmi les disaccharides, les plus courants sont le saccharose (sucre de canne ou de betteraves, formé d'un glucose et d'un fructose), le lactose (un glucose et un galactose) et le maltose (deux glucoses). La formule de ces disaccharides est C12H22O11.
Le saccharose devient par hydrolyse un sirop de fructose et de glucose, qui est plus « sucré » que le saccharose, et utilisé pour des friandises.
En pâtisserie, le sucre blanc mélangé avec un peu d'eau forme un sirop qui prend différents aspects selon sa concentration. Quand sa température augmente, sa teneur en eau diminue jusqu'à s'évaporer complètement pour former du caramel : le sirop passe par différentes phases qui ont chacune un nom et une utilisation.
Plusieurs moyens permettent de savoir dans quelle phase se trouve le sirop :
Le tableau suivant donne le nom de la phase, la température et les proportions de sucre correspondantes, ainsi que le test de la cuisson aux doigts.
Le sucre et l'eau doivent être mélangés à froid dans une proportion de 1/3 d'eau pour une quantité de sucre.
| Dénomination | Température | Quantité de sucre pour 1 kg de sirop | Test empirique |
|---|---|---|---|
| Nappé | 100 °C | Le sirop forme une couche mince sur l'écumoire. | |
| Petit filet | 101 °C | Prendre un peu de sirop entre le pouce et l'index ; en les écartant un petit filet se forme mais ne tient pas. | |
| Grand filet, ou lissé | 102 °C | Entre le pouce et l'index, un petit filet se forme et tient jusqu'à deux ou trois centimètres, puis se casse aussitôt. | |
| Grand lissé | 103 °C | Le filet de sirop s'étire sans se casser jusqu'à 3 cm. | |
| Petit perlé, ou soufflé | 104 °C | Le filet tient jusqu'à 5 cm environ. | |
| Grand perlé, ou soufflé | 105 °C | 750 g | Le filet ne se brise pas ; le sucre forme à la surface du sirop de petites perles rondes. |
| Filet | 106 °C | ||
| Grand perlé | 107 °C | 800 g | Il se forme de grosses perles à la surface du sirop. |
| Petit soufflé | 108 °C | ||
| Soufflé ou petite plume | 109 °C | 850 g | Si l'on souffle sur l'écumoire, le sirop se détache en bulles solides. |
| Grand soufflé | 112 °C | Les bulles sont plus grosses. | |
| Petit boulé | 115 °C | 950 g | Le sucre roulé entre les doigts forme une boule molle. |
| Boulé | 118 °C | La boule de sucre se forme plus facilement. | |
| Gros boulé | 121 °C | 975 g | La boule de sucre est plus ferme et reste ronde, fait à peu près la taille d'une noisette. |
| Petit cassé | 125 °C à 130 °C | 985 g | Le sucre se casse net mais colle aux dents. |
| Cassé | 135 °C à 140 °C | 1 000 g | Le sucre se casse net et ne colle plus aux dents. |
| Grand cassé | 145 °C à 150 °C | 1 000 g | |
| Petit jaune | 155 °C | 1 000 g | Le sucre commence à jaunir (il a perdu toute son eau et commence à brûler). |
| Jaune | 160 °C | ||
| Grand jaune | 165 °C | ||
| Caramel | 170 °C à 180 °C | ||
| Caramel foncé | 180 °C à 190 °C | Il faut arrêter la cuisson, sinon il devient amer. |
Le sucre est une saveur utilisée principalement pour son information sur l'apport énergétique de l'aliment et chez l'être humain pour le plaisir qui lui est associé. Son goût est doux.
Le goût sucré est reconnu par une famille de récepteurs couplés à la protéine G T1R1, T1R2 et T1R3 (les mêmes que pour l'umami), ils s'assemblent en homodimères ou hétérodimères et permettent la reconnaissance des sucres naturels ou artificiels. Les sucres artificiels ne sont pas reconnus par tous les animaux. Ils sont composés par l'aspartame et la monelline qui sont des acides aminés de forme D de synthèse. Chez l'homme les récepteurs s'associent principalement sous la forme T1R2 + T1R3 et permettent de reconnaître la majorité des sucres.
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Catégorie : Sucre
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